Kijiji

31 mai 2012

Peut-être connaissez vous le populaire site d’affichage kijiji.ca. Personnellement, j’aime bien passer du temps (beaucoup trop de temps) à essayer de trouver les annonces les plus ridicules qui y sont affichées. Voici, à titre d’exemples, trois annonces qu’il est/était possible de consulter sur Kijiji.

Par contre, je dois avouer que ce que j’aime le plus est de créer moi même mes propres annonces. Voici donc une sélection de ce que je crois être mon meilleur travail à ce jour.

J’essaie aussi parfois de communiquer avec les propriétaires des annonces à la manière d’une de mes idoles, le dude de ce blog. Peut-être que je ferai un genre de post bonus avec quelques unes de mes correspondances. On verra.

Pampers le pornographe

28 avril 2012

Cher Mr. Pampers,

Je vous écris cette lettre dans le but de me plaindre de votre gamme de couches. Plus spécifiquement, je désire vous faire connaître mon mécontentement face à vos emballages qui, selon moi, sont au mieux vulgaires et au pire carrément illégaux.

Je faisais mon épicerie hier lorsque, par hasard, j’ai circulé dans l’allée où sont disposées les couches. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que cette rangée de mon supermarché n’était pas dédiée à l’élevage des enfants, mais plutôt à la grossièreté et au mauvais goût. En effet, partout où je posais les yeux, je n’apercevais que des montagnes d’emballages de marque Pampers arborant des enfants en petite tenue et dans des positions toutes plus subjectives les unes que les autres.

Saleté, ordure, cochonnerie, saloperie, immondice, souillure. Voilà tous des mots qui me sont venus en tête alors que j’essayais tant bien que mal de dévier mon regard de la crasse que vous imprimez sur vos emballages. Le pire dans tout cela, c’est que je ne suis pas facile à offenser, surtout en ce qui a trait à l’érotisme, (croyez moi, je possède sur mon ordinateur des Gig et des Gig de pornographie DÉGOÛTANTE) mais votre exposition éhontée de pornographie juvénile dépasse vraiment les bornes. Vous devriez avoir honte d’exploiter le corps de petits enfants purs pour vendre quelques couches de plus. Votre gamme de produits est une véritable mine d’or pour les pédophiles. C’en est à un point tel que j’étais surpris de ne pas voir une meute de pédophiles aux érections aiguisées se masturber en plein milieu de l’épicerie. Par mesure de précaution, j’ai dû passer le reste de mes emplettes à observer attentivement le pénis des autres hommes afin de m’assurer qu’aucun d’eux n’était un pédophile.

Vous me direz peut-être que les images que vous utilisez sur vos emballages sont innocentes, que les enfants qui y figurent ne sont pas sexualisés ou encore qu’ils ne posent pas dans des positions suggestives, mais c’est là que vous vous trompez. Pour vous faire prendre conscience de l’erreur que vous faites, j’ai échangé les bébés présents dans quelques unes de vos publicités pour des femmes adultes placées exactement dans les mêmes positions. J’espère que cette manœuvre vous ouvrira enfin les yeux et que vous cesserez de contribuer à cette « hypersexualisation des jeunes » dont j’entends tant parler.

Quoi qu’il en soit, j’exige des explications.

ALERTE : Les images qui suivent contiennent des SEINS et des VAGINS et des ANUS et des PÉNIS. Apparemment, notre société interdit à des personnes de moins de 18 ans de voir ces parties spécifiques du corps humain parce qu’elles sont HONTEUSES et RÉPUGNANTES. Donc, si vous êtes du genre à être choqué par ce genre de choses, cliquez ici pour être redirigé. Aussi, si vous avez moins de 18 ans, je suis supposé faire semblant que vous n’avez jamais tapé “femme tounue” sur Google et que ceci pourrait être la première fois que vous êtes exposés à de la nudité sur internet. Si c’est le cas, cliquez ici pour être redirigé vers un site moins vulgaire. Sinon, continuez à descendre pour voir les photos que j’ai envoyé à Pampers. 

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Caricaturiste, bédéiste, artiste

16 mars 2012

Préface : Je suis un artiste. J’ai toujours été un artiste. Je serai toujours un artiste. J’ai donc décidé de finalement suivre ma passion (l’art) et d’envoyer mes dessins aux trois plus gros quotidiens de Québec. Ça fait environ deux semaines que je leur ai écrit, mais je n’ai malheureusement pas reçu de réponse de leur part…

Cher Soleil, / Chère Presse, / Cher Journal,

Je suis un artiste et je vous écris aujourd’hui pour vous proposer mes services de bédéiste. En lisant votre journal, j’ai cru remarquer un cruel manque d’art local. Voilà pourquoi j’ai décidé de vous offrir l’opportunité de publier l’une des mes deux bandes dessinées les plus populaires (ou les deux, bien entendu), soit « Badbar » et « Gérard Lelard ». Voici donc une brève présentation de ces deux œuvres de littérature illustrée.

Badbar

Badbar s’adresse surtout à la génération MSN soit les 18-35 ans. Il s’agit d’une hilarante parodie du populaire personnage pour enfants « Babar ». Pour être parfaitement honnête avec vous, je n’ai aucune idée de ce que Babar dit ou fait (il porte une couronne, je pense??) mais je suis certain que Badbar est le « mauvais garçon» que Babar a toujours voulu être. Badbar est « street à l’os » (une expression que nous les jeunes utilisons pour dire « cool »), il est l’anti-héros que les jeunes veulent lire et Dieu sait que vous avez besoin de recruter de jeunes lecteurs avant que tous vos lecteurs actuels ne meurent de vieillesse (d’ici dix ans).

Putes, monnaie et violence, Badbar a tout pour plaire aux jeunes et surtout pour compétitionner avec la musique violente que les jeunes « punk » et « rappeux » écoutent de nos jours (Blink 182 [Clignement 182], Lil’ Jon And The East Side Boys [Peti’ Jean Et Les Garçons Du Coté Est], LMFAO [MDR], etc.) 

Gérard Lelard

Gérard Lelard est l’honnêteté incarnée. Un vrai québécois pur souche comme il ne s’en fait plus (à cause des ethnies). Ce champion des mal-aimés n’a pas peur de dire tout haut ce que certains pervers pensent tout bas. Si vous voulez rejoindre la génération X, Gérard est votre homme. Politique, sport, mais surtout sexe, rien n’est trop tabou pour Gérard Lelard. Imaginez-vous le comme un genre d’Elvis Gratton incapable de maîtriser ses pulsions sexuelles.

Le sexe vend, et Gérard Lelard a du sexe à revendre. Vous voulez faire compétition avec la radio poubelle qui est si populaire dans la vieille capitale? Gérard Lelard a presque toujours des déchets en bouche. Voici quelques exemples de son humour rassembleur.

Comme vous le voyez, ce ne sont pas les idées qui manquent. Afin de faire de la place pour mon art, je serais même prêt à ce que vous éliminiez une page complète de votre journal. Puis-je me permettre de vous suggérer celle de la section Affaires qui est remplie de petits chiffres et de caractères qui n’ont aucun sens? Personne ne la lit jamais de toute façon.

Bref, la balle est dans votre camp. J’attends de vos nouvelles le plus tôt possible.

Sincèrement,

Carl St-Cyr

BONUS : Comme vous l’avez probablement constaté, Gérard Lelard est un personnage dont les citations sont interchangeables. Peut-être vous doutez vous donc que j’ai inventé beaucoup plus d’aphorismes gérardiens (ou lelardiens?) que j’en avais besoin. J’ai longuement hésité à publier les nombreuses maximes que je n’ai pas utilisées dans cette lettre (notamment car elles pourraient me faire passer pour un délinquant sexuel), puis, par souci de transparence, j’ai choisi de vous y donner accès. Je ne demande qu’une chose en retour : ne me jugez pas trop pour mon manque flagrant d’humanité et de décence. Considérez ces quelques phrases comme un exercice de vulgarité et non comme l’expression de mes véritables opinions.

Wouf! Je suis un chien!

21 février 2012

Je suis quelqu’un qui peut parfois être assez cynique. Je ne suis pas vraiment du genre à me fâcher, sauf que certaines choses extrêmement futiles peuvent quelquefois déclencher en moi une rage immense.

Je ne veux pas insulter personne, mais les gens qui adorent leurs animaux de compagnie sont pour moi une source inépuisable de frustration (et d’humour). Je n’ai rien contre le fait d’aimer un animal et, comme une majorité d’individus, je m’oppose à la cruauté envers les animaux. Cependant, j’ai de la misère à respecter les personnes qui prêtent des intentions humaines à leurs animaux de compagnie. Je ne doute pas que votre chat est vraiment smath ou que votre chien est “super intelligent”, mais il ne faut pas oublier qu’ils demeurent quand même plus stupides que le plus stupide des humains.

Bref, je m’emballe. Mon intention n’est pas d’écrire un long texte ou de me mettre à dos les propriétaires d’animaux de compagnie. Je veux simplement vous présenter une image que j’ai vue sur Facebook et qui m’a enragé au plus haut point. Voici l’image originale, via une personne nommée Wakanda la Fée (LOL).

Comme vous l’avez peut-être compris, je trouve absurde l’idée de dépeindre le chien comme une créature ayant des intentions, faisant des choix moraux et comprenant parfaitement ce qui se passe en tout temps. Voici ma version modifiée afin de représenter, selon moi, la cognition d’un chien de façon plus adéquate.

Mr. Christie, vous faites de (moins) bons biscuits

6 février 2012

Cher Mr. Christie,

Au cours des derniers mois, j’ai cru remarquer une baisse significative dans la qualité de vos biscuits « Chips Ahoy! » (aussi connus sous le nom francophone de « Pépites de chocolat de Mr. Christie »). J’ai d’abord pensé m’être procuré un ou deux emballages défectueux, mais l’impressionnante constance dans la médiocrité de ce produit finit par confirmer mes soupçons. Sans vouloir vous ennuyer avec des banalités, voici une liste de banalités ennuyantes que j’ai notées par rapport à vos biscuits.

1 – Les biscuits goûtent moins bon.

2 – Les biscuits sont plus fades et secs, ce qui leur confère un goût que je décrirais comme étant « moins bon ».

3 – On dirait que les biscuits ont changé de goût. C’est comme s’ils étaient soudainement devenus moins bons.

4 – La bonté des biscuits laisse à désirer.

5 – On dirait que la recette a changé pour inclure des ingrédients de plus piètre qualité (moins bons).

6 – Peut-être vous êtes vous trompés de recette et, au lieu d’utiliser la recette intitulée « Recette pour faire de bons biscuits » vous avez utilisé par erreur la recette intitulée « Recette pour faire des biscuits moins bons ».

7 – L’emballage est devenu incroyablement plus complexe à ouvrir.

8 – L’emballage est de beaucoup plus piètre qualité (je dirais même qu’il est moins bon).

Pour les points 1 à 6, je peux comprendre votre raisonnement. Il est facile de justifier la mise en marché d’un produit au goût inférieur en se disant : « Les gens sont des crétins. Ils ne goûteront même pas la différence. ». J’ai moi même utilisé ce stratagème lorsque j’étais enfant pour faire boire à mes amis de l’urine que j’avais habilement dissimulée dans une bouteille de jus de pomme. Mais tout cela est une autre histoire.

Par contre, pour ce qui est des points 7 et 8, je dois vous avouer que j’ai de la difficulté à suivre votre logique. Pensiez-vous que les gens n’allaient pas remarquer que l’emballage se déchire en tout sens lorsqu’ils tentent de l’ouvrir? À moins que votre clientèle ne se compose uniquement d’étranges collectionneurs qui achètent maintes boîtes de biscuits sans jamais tenter de les ouvrir, sachez que vos consommateurs de type « normaux », eux, doivent ouvrir le sachet pour accéder aux biscuits. Il n’est donc pas idéal de manufacturer un produit qui se désagrège lorsqu’on l’ouvre, puisqu’il s’agit quand même d’une étape cruciale dans le processus normal de l’ingestion de biscuits. De plus, comment pouvez-vous espérer que les biscuits demeurent frais dans un emballage qui se troue de toute part? Ne testez-vous pas vos produits avant de les mettre en marché? Si tel est le cas (et je soupçonne que ce l’est) rendez vous à l’annexe 1 (p.3) pour voir ce qui arrive lorsque quelqu’un tente d’ouvrir l’un de vos sacs.

J’ai passé de longues nuits blanches à tenter de trouver une raison à cette baisse significative dans la qualité de vos produits et, après maintes réflexions philosophiques, j’ai retenu deux explications :

1 – Votre entreprise est gérée par une bande de crétins mongoloïdes qui ont pris une série de décisions stupides ayant mené à une diminution significative dans la qualité des biscuits « Chips Ahoy! ». (peu probable)

ou

2 – L’entreprise Kraft est un genre de Léviathan du capitalisme ne se souciant que marginalement de ses clients et ne renonçant à rien pour augmenter de quelques centimes sa marge de profit, même si cela signifie de devoir fournir un produit de plus piètre qualité à ses fidèles clients. (plus probable)

On pourrait être porté à croire qu’une troisième option pourrait exister, mais ce n’est malheureusement pas le cas. Comme le dit l’expression populaire : « Dans la vie, tout est toujours noir ou blanc. SANS EXCEPTION. »

Finalement, voici donc les solutions que je vous propose afin de fournir un produit de meilleure qualité à votre clientèle.

1 – Faire en sorte que les biscuits goûtent meilleur.

2 – Faire en sorte que l’emballage soit meilleur.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez sans aucun doute à mes suggestions ainsi qu’à mes plaintes. Veuillez agréer mes sentiments d’indifférence les plus sincères.

P.S. N’oubliez pas de consulter l’annexe 1 à la page qui suit.

UPDATE:

Environ un mois après que j’aie posté cette lettre, Kraft m’a fait parvenir une réponse. C’était une lettre standard avec deux fautes dans le mot “pépites” et accompagnée d’un coupon d’une valeur 4,26$, prouvant une bonne fois pour toutes que le système fonctionne.

IL A DÛ ATTENDRE UN PEU

2 février 2012

L’histoire d’horreur d’un homme qui aurait pu mourir, mais qui est aujourd’hui en santé.

Richard Turcotte sait ce que c’est de souffrir. L’homme de 52 ans, père de deux enfants, a vu la mort de près. Effectivement, il a dû, en mai dernier, recevoir une transplantation cardiaque. L’attrape? Il a dû attendre un peu.

Le cauchemar de ce soudeur de Roberval a débuté en novembre 2010, alors qu’un médecin lui a diagnostiqué une insuffisance cardiaque grave, une maladie irréversible limitant drastiquement son espérance de vie.

Le pire dans tout cela, c’est, qu’historiquement, cette affliction est relativement récente. En effet, si l’on remonte dans le passé, la maladie était tout simplement inexistante. Ceci s’explique notamment par le fait que, bien que la pratique de la médecine ait toujours été répandue, elle était bien souvent archaïque et incohérente et ne disposait pas des outils nécessaires pour poser un tel diagnostic. Par exemple, à une époque, on croyait les démons responsables des maladies et on guérissait celles-ci en perçant un trou dans le crâne de la personne affligée en frappant sur sa tête avec une roche. Si M. Turcotte avait vécu il y a deux cent ans seulement, on aurait sans aucun doute fait découper sa peau par un barbier-chirurgien qui l’aurait saigné avec un couteau malpropre pour faire sortir la maladie de son corps. Cent ans avant cela, on aurait probablement blâmé une sorcière pour la condition médicale de l’homme et il aurait suffi de brûler vive une femme ou de la lancer dans une rivière pour tout régler. Cent ans avant cela, il n’aurait même pas eu à souffrir de cette terrible maladie, car les gens vivaient en moyenne jusqu’à l’âge 35 ans.

Heureusement pour Richard Turcotte, nous disposons aujourd’hui des technologies et du savoir-faire permettant d’extirper de sa cage thoracique le cœur d’un cadavre frais, de transporter sur des centaines de kilomètres cet organe vital dans une petite boîte réfrigérée, de fendre en deux le corps d’un autre homme afin de lui arracher l’organe responsable de sa circulation sanguine et par extension de sa vie, tout en gardant son corps en vie en le connectant à une machine faite de métal et de plastique, pour ensuite coudre le coeur mort dans cette demi-dépouille, lui permettant ensuite de vivre en ayant en lui le coeur qui battait dans le corps d’un autre humain il y a seulement quelques heures. Tout cela pendant qu’il est couché sur un lit sans en avoir conscience et ne ressent aucune douleur.

« Mais le lit n’est pas si confortable que ça », se rappelle avec difficulté M. Turcotte « et la bouffe est pas si bonne », poursuit l’homme qui a maintenant pu reprendre sa vie quotidienne comme si rien de tout cela ne s’était produit. Selon lui, l’attente dans les hôpitaux est un véritable fléau de société et il ne ménage pas ses propos envers le système de santé québécois et le premier ministre Jean Charest : « Câlisse Charest! Arrête donc de te pogner le cul hostie! Moi là, j’paye des taxes tabarnak! Ça, ça veut dire que j’ai le droit d’avoir l’hôpital gratis pis que j’suis pas supposé attendre une criss de seconde quand j’y va! ».

Le père de famille a effectivement dû attendre un peu plus de six mois avant de recevoir un nouveau coeur, un délai qu’il juge inacceptable : « J’ai pas juste ça à faire moi hostied’attendre qu’on me sauve miraculeusement la vie grâce aux merveilles de la science moderne, j’manque plein d’émissions de télé criss! » se lamente-t-il.

Pour la suite des choses, M. Turcotte n’exclut pas des poursuites judiciaires contre le gouvernement québécois et la Régie de l’assurance maladie du Québec. Il dit avoir consulté un avocat à ce sujet, mais être réticent à s’engager dans le long processus que sont souvent les batailles judiciaires : « Je l’sais pas encore. C’est sûr que si c’était juste de moi, j’mérite du cash, mais j’veux pas m’engager là-dedans si c’est pour prendre plus que deux semaines. ». Les représentants du gouvernement et de la RAMQ ont strictement refusé de commenter l’affaire.

Un fléau inacceptable

11 janvier 2012

Très chers amis et concitoyens, j’écris aujourd’hui ce texte pour vous parler d’un enjeu de société qui, je le crois sincèrement, touche chacun d’entre nous. Je veux dénoncer une injustice qui, chaque jour, fait des centaines, voir peut-être même des milliers de nouvelles victimes. Pourtant, le phénomène auquel je veux aujourd’hui vous exposer demeure au mieux marginalisé et au pire complètement ignoré par les différents paliers de gouvernement. Je vous citerais volontiers des statistiques sur le sujet, mais j’ai bien peur que de tels chiffres n’existent tout simplement pas. Aucun organisme n’est dédié à contrer ou prévenir ce problème. Vous ne verrez pas Roy Dupuis ou une toute autre célébrité se dresser devant ce monstre. Aucun des nombreux médias qui nous informent chaque jour n’ose alerter le public à propos de ce danger qui nous guette tous.

C’est pourquoi je trace ces lignes aujourd’hui. Il est temps d’arrêter de balayer cet enjeu sous le tapis et d’y faire face une bonne fois pour toutes. Il faut que quelqu’un, n’importe qui dise enfin tout haut ce que tout le monde pense tout bas : il est temps de bannir les toilettes automatiques.

Je serais presque quasiment prêt à peut-être possiblement mettre ma main au feu que la situation suivante vous est déjà arrivée. Vous pénétrez avec réticence dans une toilette publique et, comme toute personne sensée, vous faites l’une de deux choses. Si vous êtes comme moi, vous vous contentez d’au moins essuyer les gouttelettes d’eau (en espérant que c’est de l’eau) jonchant le siège de toute part. Par contre, si vous êtes un peu plus obsédé par la propreté, vous déposez de façon minutieuse bon nombre de languettes de papier sur le siège afin de former une barrière impénétrable entre vous et ce que vous percevez être un bassin de crasse et d’immondice.  Sauf qu’au moment de vous asseoir sur cette véritable œuvre d’art que vous venez de façonner, se déclenche soudainement un geyser destructeur venant ruiner tout votre beau travail. Vous remarquez alors un détail qui vous avait précédemment échappé. Là, au mur où devrait normalement se retrouver une sympathique chasse d’eau, figure plutôt le regard froid et calculateur d’un œil magique. Vous réalisez alors que vous venez de pénétrer dans l’antre du diable, mais il est trop tard, vos pantalons sont déjà autour de vos chevilles.

Vous vous résignez donc à vous asseoir sur ce monstre de porcelaine et, malgré la peur qui vous paralyse, vous finissez par faire ce que vous avez à faire. La satisfaction vous fait presque oublier votre situation fâcheuse et vous décidez donc d’être téméraire : vous changez légèrement de position. Dès que vous effectuez votre menu mouvement, vous êtes ramené à la réalité par une véritable douche d’eau froide. La tempête se met à faire rage en dessous de vous. Un torrent d’eau vous éclabousse, vous fouette, se frotte sans scrupule contre vos parties génitales et vous pourlèche l’anus, tout cela sans que vous ne puissiez faire quoi que ce soit pour l’en empêcher. Vous vous sentez humilié, trahi, violé et surtout complètement détrempé. Il ne vous reste plus qu’à essuyer tout ce gâchis et à tenter de reprendre une vie normale, en espérant que vous ne rencontrerez plus jamais un tel monstre.

Mais il est partout. Vous avez l’impression qu’il vous guette, qu’il vous épie. Prêt à poser ses dégoutantes tentacules aqueuses sur vous dès votre prochain moment de faiblesse. Lorsque vous serez vulnérable car vous n’aurez pas le choix; pas le temps.

Comment est-il possible qu’une société qui se prétende moderne laisse subir de telles atrocités à ses citoyens sur une base quotidienne?

L’argument principal que j’ai trouvé en faveur de ce type de toilette est celui de l’hygiène. En effet, on argumente que le fait de ne pas avoir à toucher la chasse d’eau permet d’éviter les dangereux pathogènes qui font de ce petit levier leur demeure. Or, voici mon contre argument : « Lave tes mains, criss de porc. ».

Je peux comprendre de ne pas se nettoyer les mains après avoir uriné. En fait, on pourrait même dire que je suis un adepte de cette pratique, surtout lorsqu’il n’y a personne d’autre dans la salle de bain pour me juger. Après tout, mon pénis est très propre et j’ai un contrôle urinaire suffisant pour ne pas me pisser sur les mains (mais tout cela est une autre histoire). Par contre, je ne peux admettre que quelqu’un omette de se laver les mains après avoir fait danser ses sphincters (une façon plus polie de dire « faire caca »). À moins de ne pas vous être essuyé du tout, vous venez littéralement de plonger votre main dans l’antre de la bête, en la protégeant uniquement d’une mince couche de papier. Tout cela pour dire que le levier de chasse d’eau devrait être le moindre de nos soucis. Dans un monde idéal, nous devrions toujours nous laver les mains après les avoir frottées contre notre anus, peu importe si nous devons par la suite activer une petite manivelle ou non.

Donc, chers amis, je vous le demande. Ne chions nous pas tous d’un même cul? La charte des droits et libertés ne couvre-t-elle pas aussi nos fesses? Ne méritons nous pas un monde meilleur? Un monde où chacun peut aller aux toilettes paisiblement, sans devoir s’attendre à subir des représailles sous forme d’éclaboussures anales? Bien sûr, certains diront qu’il y a de nos jours des problèmes plus graves au Québec comme le suicide ou le cancer ou Claude Poirier. À cela je réponds oui, certainement. Mais comment pouvons nous espérer vaincre ces fléaux si nous ne sommes même pas capables d’aller aux toilettes sans craindre de se faire mouiller le cul?

Groupe Tazor, prise 2 (bis)

21 décembre 2011

Encore une fois, j’ai créé des affiches originales et encore une fois, Patrick a apprécié mon art. J’ai donc décidé de produire une troisième série. Après tout le feedback que mes amis m’ont offert, j’ai cru remarquer que les affiches humoristiques étaient les plus populaires. J’ai donc décidé de faire une série d’affiches plus “LOL” pour promouvoir le groupe Tazor de façon comique.

LONGUE VIE AU GROUPE TAZOR!!!